
Nous reprenons la route et avons décidé de ne pas revenir à Guatemala la Ciudad afin de prendre un avion pour Flores, près de Tikal, comme la plupart des visiteurs le font. Et avec l’argent économisé on s’offrira un hôtel tout près des ruines à Tikal ainsi qu’un lodge sur une île à Rio Dulce que nous a recommandé Jim. Comme Chichicastenango est sur notre route et que nous sommes jour de marché, nous nous arrêtons dans ce village dont le marché, pour ce qui est de l’artisanat, est depuis des années le plus important et le plus touristique de tout le Guatemala. Par rapport à il y a 25 ans, il a doublé de taille et pratiquement toutes les ruelles du centre ainsi que la place centrale sont un enchaînement d’échoppes. Heureusement la qualité n’a pas baissé et il y a un tel choix et une telle concurrence que cela reste un bon endroit où acheter. Mais comme ce n’est pas notre intention, après un café et un passage au servicios, nous prenons un collectivos (mini-bus local) pour Santa-Cruz del Quiché. Les mini-bus locaux tendent à remplacer les grands bus bariolés caractéristiques de beaucoup de pays d‘Amérique latine. Ce sont généralement des bus Toyota de 12 places où on s’entasse ici à 25-30, les bagages et les animaux, généralement des poules achetés au marché, parfois des cochons, voyagent sur le toit.
A Quiché, chef-lieu de la région, nous galérons un peu pour trouver le bon endroit où trouver notre bus pour Nebaj, notre destination à environ 3 heures plus au Nord dans la montagne, au centre de la région Maya Ixil. Celle-cu fut dramatiquement touchée par la répression gouvernementale dans les années 1980 comme en a témoigné Rigoberta Menchú (prix Nobel de la paix en 1992) dans son autobiographie que je vous recommande de lire (âmes sensibles s’abstenir) pour comprendre comment ce peuple a réussi à résister à tant de persécution. Depuis que nous avons quitté Chichi, nous n’avons plus rencontré un seul étranger. On ressent un peu plus de curiosité à notre égard ce qui surprend un peu Sarah au début puis on s’y fait. Nebaj s’est beaucoup développé depuis que Jo et moi y sommes venus en 1987, c’est presque devenu une petite ville. Mais l’ambiance est agréable et nous arrivons le dimanche en pleine fête avec orchestre sur la place du village, défilé dans les rues et concours de déguisement. Les huipiles des indiennes richement brodés dans les tons verts et rouges sont magnifiques.


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