
Ayant boycotté la visite touristique des faux Uros sur leurs îles flottantes, nous prenons un bus qui, longeant le lac Titicaca, devait nous amener en 5 heures à La Paz. En fait, après un arrêt non prévu de 3 heures à Copacabana, qui sous la pluie n’a de balnéaire et d’attirant que le nom, nous arrivons à la tombée de la nuit à La Paz. Même si l’altitude est sensiblement la même que d’où nous venons, soit 3’800 mètres, on a de la peine à respirer. Il faut dire que les rues de la ville, construite dans une gigantesque cuvette qui la protège des vents glacés de l’altiplano, sont toutes en pente. Après 2 jours, malheureusement pluvieux, on laisse un de nos sacs à dos et on part vers le sud visiter une région qui est devenu aujourd’hui un passage presque obligé des routards et qui était inconnue il y a 25 ans: le Salar d’Uyuni. Imaginez une surface d’un blanc immaculé, absolument plane à l‘exception de quelques îles, et ayant la superficie de la Suisse Romande. Mais il faut le mériter, car pour y arriver, quand tout va bien, il y a 10 heures de bus depuis La Paz dont 7 heures de piste. On trouve un bus de nuit qui, sur les photos, a l’air très confortable. En fait, arrivés au terminal, on apprend que le trajet va se faire dans un bus tout ce qu’il y a d’ordinaire, le super bus ayant eu quelques problèmes mécaniques. C’est pas la joie, car depuis quelques jours on est pas très en forme, intestins et estomac n’appréciant pas trop la cuisine bolivienne. Les 3 premières heures de route devraient être les moins difficiles car après c’est de la piste mais cela va être les heures de bus les plus pénibles depuis le début de notre voyage. Il fait un froid de canard que nos polaires et nos vestes ne font qu’atténuer partiellement, et on s’attend à ce que cela empire. A 1 heure du matin, dans une ville sordide et une rue à peine éclairée, on change de bus en veillant à ce que notre sac à dos ne disparaisse pas. Et là, heureuse surprise, c’est le bus promis qui nous attend. Même s’il est bien moins confortable et moderne que sur les photos, le fait qu’il ait des toilettes à bord est rassurant et avec un peu de chance il devrait avoir un chauffage en état de marche. Malgré une piste en tôle ondulée sur laquelle le bus roule à une vitesse démentielle, tout se passe à peu près bien. Mais impossible de fermer l’œil une minute. Les secousses et les vibrations sont telles qu‘on s’attend à tout moment à ce que les vitres éclatent. Et à 6 h. du matin c’est la boîte à vitesse qui se bloque. Après quelques coups de marteau bien ajustés, on repart. Mais une heure plus tard elle se bloque définitivement. Impossible de continuer. Tout le monde descend. On décharge les bagages et … il se met à pleuvoir. Heureusement on est seulement à 1 km d’Uyuni et une voiture se pointe comme par enchantement. Un peu moins endormi que les autres passagers je me précipite et négocie le prix pour, avec 3 autres personnes, nous amener à notre hôtel afin de pouvoir y déposer nos bagages et essayer de boire un café car dans une heure on repart pour une journée de 4x4 sur le plus grand lac salé du monde. A part le fait que nous ne sommes pas les seuls et qu’il doit bien y avoir une quinzaine de 4x4 qui font le même trajet ce qui enlève un peu le caractère sauvage à cette région tout de même incroyable et qui valait le déplacement. Mais ce sont les paysages que nous verrons le lendemain le long de la piste qui relie Uyuni à Potosi qui nous enchanteront encore davantage et que les pannes répétées de notre bus nous laisseront le loisir d’admirer notamment avec la lumière de fin de journée. Arrivés à Potosi avec 3 heures de retard, le dernier bus pour Sucre est parti depuis longtemps. Il ne reste plus qu’à prendre un taxi que nous partageront avec deux boliviens et qui pour la moitié du prix que l’on paierait pour faire 1 km à Genève, va en faire plus de 160 en 2 heures ½ sur une excellente route, pour une fois. Après une journée passée dans cette agréable ville qu’est Sucre et qui se trouve à seulement 2’800 m. d’altitude, ce qui est bien agréable, nous rentrons à La Paz le 31 décembre dans l’après-midi juste assez tôt pour envoyer quelques E-mail pour la nouvelle année. A minuit, profitant d’une échelle qui traînait sur une terrasse au dernier étage de l’hôtel, on montera sur le toit pour voir et entendre les milliers de fusées et pétards qui résonnent dans cette cuvette où 1 million d’habitants fêtent le passage à l’an nouveau. La coutume locale pour le réveillon est de porter des sous-vêtements rouges si on espère l’amour et jaune pour l’argent.
Evo Morales, premier Amérindien élu président de la Bolivie en 2005 semble avoir redonné confiance aux boliviens, notamment aux indiens, longtemps complexés par rapport aux pays qui les entourent. Même s’il est difficile de satisfaire tout le monde, de nombreuses réformes sont en cours notamment en matière d’éducation des couches défavorisées. Mais comme au Guatemala et au Pérou, lorsqu’on demande quel est le problème le plus important que les habitants de ces pays souhaiteraient voir résoudre en premier, tous nous ont répondu sans la moindre hésitation: la corruption, mal qui gangrène le développement de nombreux pays dans le monde. Photos


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