En quittant la Bolivie pour le Chili, nous laissons derrière nous les pays d’Amérique latine dont la culture est encore vivante. Le seul que nous n’ayons pas pu visiter, car notre billet Oneworld ne nous le permettait pas, est l’Equateur. Iquique au Nord du Chili étant une escale obligée nous nous y arrêtons deux jours avant de poursuivre plein Sud vers Santiago, passage obligé pour traverser le Pacifique Sud. Iquique, qui connut son âge d’or entre 1880 et 1920 grâce à l’exploitation du salpêtre, est devenu aujourd’hui une ville balnéaire touristique pour les boliviens et chiliens qui peuvent s’offrir le séjour dans cette curieuse ville construite sur une étroite langue de terre, coincée entre le Pacifique et une haute falaise aride qui grignote inéluctablement la ville. Dès que l’on quitte la ville on se retrouve en plein désert, malheureusement pollué de chaque côté de la route par des détritus emportés par le vent. C’est déjà choquant dans des pays pauvres comme la Bolivie qui ont peut-être d’autres priorités mais dans un pays comme le Chili dont le niveau de vie se rapproche de celui de nos pays européens, c’est vraiment incompréhensible que la population ne soit pas plus sensible à la préservation de leur patrimoine naturel. A une trentaine de km nous visitons une ville fantôme remarquablement préservée par le climat extrêmement sec et où, il y a un siècle, on extrayait le salpêtre.
Le lendemain nous reprenons notre avion pour Santiago. Durant près de deux heures des paysages désertiques d’une beauté saisissante tantôt lunaires, tantôt martiens vont s’enchaîner. C’est pour moi le plus beau vol de ligne que j’aie jamais eu l‘occasion de faire. Malheureusement les dizaines de photos prises à travers le hublot de donnent rien.
Santiago est une ville agréable mais au passé politique récent encore très sensible. En visitant certains monuments on ne peut pas oublier le président Allende, le cynisme de l‘administration Nixon et les milliers de disparus durant la dictature Pinochet. Les attaches avec la France sont très fortes et il semble que Michelle Bachelet, l’actuelle présidente, soit toujours très appréciée par la majorité des chiliens. Son père, général d’aviation, fusillé pour n’avoir pas vouloir trahir Allende lors du putch de Pinochet, de mère française, ayant elle-même connu la torture, est la personne dont le Chili avait besoin pour en finir avec ses vieux démons.
Ne pouvant rester qu’une semaine dans ce pays nous n’avons malheureusement pas le temps d’aller plus au Sud, visiter notamment la Patagonie. Ce sera peut-être pour une autre fois. Pour nous le Chili est avant tout le passage obligé pour traverser le Pacifique Sud et notamment pour atteindre l’île de Pâques, île habitée la plus isolée au monde en distances. Photos.



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