mardi 3 février 2009

Java avec Lynleigh



Jakarta est une ville étonnante. Comptant 18 millions d’habitants le jour et 10 millions la nuit, son développement est complète-ment anarchique. Sur une étendue de 20 km par 30 km, se côtoient des ensembles de gratte-ciels ultra-modernes et des zones où on pourrait se croire dans des villages. Il n’y a pas de centre. La vieille ville, près du port, vestige de la colonisation hollandaise dont les indonésiens n’ont pas gardé un souvenir impérissable, tombe en ruine à part quelques bâtiments administratifs et un célèbre restaurant, le Batavia, où notre amie Lynleigh nous emmènera manger. La crise asiatique a laissé des traces visibles. 10 ans après, plusieurs gratte-ciels, en cours de construction lorsque la crise a touché le pays, sont toujours à l’abandon. Lynleigh est médecin et travaille à l’ambassade d’Australie pour ausAID en tant que coordinatrice des maladies infectieuses émergentes, dont la grippe aviaire est la plus connue. Lorsque l’on sait que l’Indonésie, principal pays touché, compte plus d’un milliard de poulets, on comprend que l’Australie proche soit vigilante. Lynleigh, en Indonésie depuis plus de 3 ans, va nous faire découvrir Java comme jamais nous n’aurions pu le faire seuls, car comme tout étranger qui doit se déplacer, Lynleigh a une voiture et bien sûr un chauffeur car il est impossible pour un occidental de conduire dans ce pays. Si normalement on roule à gauche, en fait la règle de base est d’utiliser la plus petite portion de route disponible, qu’elle soit on non de votre côté. En ville l’écart entre les voitures et motos dépassent rarement 20 à 30 cm et en campagne on se croise souvent à guère plus de 50 cm ce qui. à des vitesses de plus de 80 km/heure est affolant lorsqu'on est pas habitué. De nuit c’est encore pire car les motos et vélos sans éclairage sont nombreux et les nids de poule visibles qu’au dernier moment. Mais tout cela fonctionne étonnamment bien grâce à un grand respect mutuel. Chacun est très vigilant et fait de son mieux pour que tous avancent aussi vite que possible. Il n’y a aucune agressivité et les coups de klaxons sont là uniquement pour s’assurer qu‘on a bien été vu. En plus de 3 ans Lynleigh n’a jamais vu d’accrochage ou d’accident. Il faut rappeler que l'Indonésie étant un pays musulman à 95%, l’alcool y est prohibé, ce qui, par rapport à l’Amérique du Sud par exemple, fait une grand différence.
Nous visiterons l’est de Java et ferons un premier arrêt à Bandung, centre de la région où beaucoup de marques de vêtements connus ont leur centre de production et où il est possible d’acheter ces articles à des prix 10 fois moins chers et de même qualité qu’en occident. Puis le lendemain après un arrêt à Solo, la région d’Indonésie où l'on fabrique les plus beaux Batiks, nous arriverons après la tombée de la nuit sur le site de Borobudur, le plus grand monument bouddhiste au monde, où Lynleigh a réservé un hôtel dans le parc lui-même ce qui va nous permettre de visiter le site le lendemain aux aurores avant la foule. Un grand moment, que la brume matinale s’estompant, rendra encore plus magique. Le soir précédent Lynleigh nous avait invité à goûter à la cuisine indonésienne dans le plus bel hôtel de Java, situé juste en face de Borobudur. Nous aurons l’occasion de visiter une des suites dont certaines ont leur propre piscine: impressionnant de luxe et pour une fois de bon goût.
Notre dernière destination sera le volcan Bromo. Arrivé tard sur place on se réveillera à 3h½ du matin pour voir le lever du soleil sur ce site incroyable… lorsqu’il fait beau. Malheureusement nous n’aurons pas la chance de Borobudur et c’est dans les nuages et sous la pluie que nous ne verrons pas le soleil se lever. Heureusement vers les 8 heures après une demi-heure de cheval (ou plutôt de poneys) et la montée finale de 264 marches dans les vapeurs de souffre et un vent violent, les nuages finiront par se lever légèrement ce qui nous permettra de voir le fond du cratère d’où s’élèvent en permanence les vapeurs d’eaux et de souffre. Après un petit déjeuner bien mérité, nous redescendrons vers la chaleur de la plaine et Surabaya où Lynleigh va nous réserver une dernière surprise avant de nous quitter, repartant pour Jakarta et nous continuant vers Bali. Lynleigh nous invite dans un des plus anciens hôtel de Surabaya. Construit en 1920, il a retrouvé il y a peu ses 5 étoiles. Et c’est par un excellent souper chinois que nous passons notre dernière soirée avec notre amie que nous espérons revoir très bientôt en Suisse pour lui rendre la pareille. Encore un très grand MERCI Lynleigh.
Pour rejoindre Bali, nous avons le choix entre 12 heures de bus et 45’ d’avion. La compagnie nationale Garuda n’a pas une très bonne réputation mais c’est quand même la meilleure, Lynleigh nous a donné le nom d’une autre compagnie qu’elle utilise aussi parfois. C’est celle-ci que nous choisirons car elle est encore moins cher (30.-frs) et l’horaire nous convient mieux. De toute manière la moins sûre des compagnies aériennes reste beaucoup plus sûre qu’un trajet par la route et en ferry. Nous allons y passer 5 jours en rayonnant à partir d’Ubud, un village très connu et évidemment touristique mais bien agréable pour se reposer. Cela fait près de 2 mois et demi que l’on voyage et imperceptiblement la fatigue se fait sentir. On doit se forcer à ne pas vouloir tout voir et tout faire comme si on était en vacances car il faut bien gérer l’élément santé qui est primordial pour nous qui avons encore une longue route à faire. Pour l’instant nous n’avons pas eu de gros problèmes en prenant surtout garde à l’eau et aux crudités mais aussi en évitant de trop vouloir en faire. Malgré tout l’alimentation reste un continuel problème car avec la chaleur on a pas beaucoup d’appétit (même lorsque on mange dans d’excellents restaurants). Après Bali, on remonte vers le Nord et l’hiver, on verra si l‘appétit revient. Photos

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