vendredi 27 mars 2009

La Jordanie


Dernier pays de notre périple, la Jordanie nous a enchanté par ses sites archéologiques, en particulier Petra, et par ses paysages désertiques, notamment Wadi Rum. Entouré de pays aussi sensibles que l'Irak, la Syrie, la Cisjordanie et l'Arabie Saoudite, il est réconfortant de voir que, au milieu de cette région si tourmentée, un pays arrive à vivre un paix avec ses voisins.
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samedi 14 mars 2009

L'Inde du Nord


Il n'y a pas de mots pour décrire nos impressions sur ce pays toujours aussi fascinant, voici donc nos nos photos.


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jeudi 5 mars 2009

Le Népal, 30 ans plus tard



Lors de notre premier tour du monde en 1977, le Népal avait été le pays qui nous avait le plus touché: la gentillesse et la dignité des népalais rencontrés dans les montagnes, la beauté des paysages, la grandeur (dans tous les sens du terme) des montagnes, les vallées aux champs en terrasse amoureusement cultivés par ces paysans fiers et indépendants, la vie de la rue, notamment à Kathmandu, si incroyable et déroutante, même lorsqu‘on vient d‘Asie. J’étais curieux de voir comment ce pays avait évolué.

Arrivés de Hong-Kong en pleine nuit, le premier changement visible aura été de réaliser que le Népal a depuis quelques années de très gros problèmes d’approvisionnement en électricité, en particulier durant l’hiver où les lacs des barrages sont au plus bas. Le lendemain, en nous promenant dans les petites ruelles du quartier de Thamel et essayant de trouver notre chemin vers Durbar Square, la célèbre place centrale, au premier abord, rien n’a changé en 30 ans, à part des motos qui essayent de se faufiler dans les petite ruelles encombrées et quelques commerçants possédant un téléphone portable (mais beaucoup moins nombreux que dans tous les autres pays) les vaches sacrées sont toujours aussi nombreuses et indolentes. Mais très vite on se rend compte que si on a beaucoup de peine à respirer, ce n’est pas seulement à cause de la poussière des ruelles dont certaines ne sont toujours pas goudronnées mais d’une pollution démentielle due à l’augmentation de la circulation automobile: bus, voitures, rickshaws motorisés, motos qui ont dû plus que triplé ces dernières années. Ces dernières années les gouvernements successifs étant en priorité occupés à résoudre les diverses crises politiques et la guerre civile qui aura fait plus de 30‘000 morts, la plupart des investissements d’infrastructure, que cela soit les routes ou l’approvisionnement en électricité étaient gelés. Depuis 2 ans que la situation est à peu près normalisée, les touristes reviennent mais les népalais ne voient guère de changements et sont critiques pas rapport au gouvernement en place.

Nous avions prévus de rester 2-3 jours à Kathmandu et de partir pour le Tibet. Malheureusement, fermé aux étrangers avant et durant les JO, puis ré-ouvert, nous savions depuis quelques jours que nous ne pourrions pas aller au Tibet car le mois de mars 2009 correspond au 50 ans de la fuite du Dalaï lama et s’attendant à des manifestations, la Chine ne veut pas de témoins étrangers au Tibet… Déçus, nous fuirons la pollution de Kathmandu pour passer quelques jours à Pokhara, au pied du massif de l’Annapurna. Malheureusement une infection pulmonaire, attrapée dans la pollution de Kathmandu, que les puissants antibiotiques de notre pharmacie combattra efficacement, ne nous permettra pas d’aller en montagne, étant incapable durant 3 jours de faire plus de 500 mètres à pieds. Je me vengerais en faisant un magnifique vol en ULM (photos).

Il faut bien le reconnaître, et j’en suis triste pour les népalais, le Népal est jusqu’à présent le seul pays visité durant ce voyage dont la situation ne s’est pas améliorée en 30 ans. Au contraire elle a empiré, notamment à cause des graves problèmes de pollution auquel ce pays est confronté. Qu’en sera-t-il de l’Inde, prochain pays et avant dernier de notre voyage ? Photos
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samedi 21 février 2009

La Chine



Hong Kong n’a guère changé à part que de nouvelles cités dortoirs gratte-ciel ont poussé comme des champignons du côté du nouvel aéroport qui a remplacé celui de Kowloon dont pilotes et passagers se souviennent des approches impressionnantes au raz des maisons. Face au développement incroyable de la Chine dont elle fait désormais partie, Hong Kong semble avoir perdu de son dynamisme.
En 1983, lors de notre deuxième tour du monde, Jo et moi avions passé 3 mois en Chine. L’entrée de voyageurs individuels non accompagnés étant autorisés depuis moins d’un mois, notre découverte de ce pays avait été difficile pour ne pas dire décevante. Nous voyagions principalement en train dont beaucoup étaient encore à vapeur. Les chinois portaient encore pratiquement tous le costume mao: vert pour les militaires, bleu pour les autres et noirs pour les femmes. La Chine sortaient à peine de 50 ans de conflits intérieurs, de famines, de révolutions diverses dont la dernière dite culturelle avait laissé les chinois complètement sonnés. Le contact avec les étrangers étaient difficiles, pas seulement à cause de la langue, mais aussi parce qu’ils ne savaient pas trop s’ils avaient le droit de nous parler. Mais la curiosité était grande et dès que l’on s’arrêtait dans la rue pour essayer de trouver notre chemin, on était immédiatement entourés par des dizaines et des dizaines de personnes qui nous observaient, ahuris. Visiblement heureux de pouvoir à nouveau manger à leur faim on avait également l’impression qu’ils n’étaient jamais rassasiés. Nous avons fait des milliers de km en train avec eux, la quantité de nourritures qu’ils emportaient et mangeaient était ahurissante. Nous nous attendions à découvrir, comme en Inde, une civilisation plusieurs fois millénaires d’un grand raffinement. Mais tout ces vestiges avaient visiblement été rasé, notamment par la tristement célèbre révolution dite culturelle. Leur mépris vis-à-vis de la religion et des minorités, en particulier tibétaine nous avaient choqués.
Pour toutes ces raisons et malgré le peu de temps que nous avions à disposition, j’étais très intéressé de voir comment ce pays avait évolué. Et je n’ai pas été déçu. Les changements en un peu plus de 25 ans sont tout simplement époustouflants. Les infrastructures tels que les routes, les aéroports, les bâtiments administratifs et commerciaux, les écoles sont maintenant pratiquement au même niveau qu’en occident et les mesures prises pour combattre le fléau de la pollution dans les villes sont en avance sur les nôtres. Il y a 30 ans, les rues étaient principalement encombrées par les vélos, quelques motos étaient utilisées par la police et les militaires et les voitures étaient réservées aux officiels. Aujourd’hui une grande partie des vélos ont été remplacé par des scooters… électriques qui servent souvent à transporter toute la famille. Il est impressionnant de voir démarrer au feu vert, des dizaines de scooter… sans bruit. On se croirait dans une ville futuriste. Les rues sont larges, de même que les trottoirs et d’une propreté singapourienne, pour ne pas dire helvétique. Et surtout les chinois ont vraiment l’air heureux de vivre. Souriantes les filles ont redécouvert la coquetterie qui du temps de leur mères et grand-mères avait était considérée comme dégradante par le parti. Elles s’habillent aussi mode que les filles de chez nous et ça leur va très bien. Bien évidemment tout le monde a un téléphone portable et les magasins sont remplis des objets ménagers les plus modernes. Ils redécouvrent aussi leurs origines, leurs coutumes et leurs costumes traditionnels. Et ils ont surtout confiance en l’avenir.
Vraiment, même si nous ne sommes restés que peu de temps en Chine, que nous avons eu peu de chance avec la météo et que nous n’étions pas au mieux de notre forme, ce pays nous a beaucoup plu. Photos.
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mardi 3 février 2009

Java avec Lynleigh



Jakarta est une ville étonnante. Comptant 18 millions d’habitants le jour et 10 millions la nuit, son développement est complète-ment anarchique. Sur une étendue de 20 km par 30 km, se côtoient des ensembles de gratte-ciels ultra-modernes et des zones où on pourrait se croire dans des villages. Il n’y a pas de centre. La vieille ville, près du port, vestige de la colonisation hollandaise dont les indonésiens n’ont pas gardé un souvenir impérissable, tombe en ruine à part quelques bâtiments administratifs et un célèbre restaurant, le Batavia, où notre amie Lynleigh nous emmènera manger. La crise asiatique a laissé des traces visibles. 10 ans après, plusieurs gratte-ciels, en cours de construction lorsque la crise a touché le pays, sont toujours à l’abandon. Lynleigh est médecin et travaille à l’ambassade d’Australie pour ausAID en tant que coordinatrice des maladies infectieuses émergentes, dont la grippe aviaire est la plus connue. Lorsque l’on sait que l’Indonésie, principal pays touché, compte plus d’un milliard de poulets, on comprend que l’Australie proche soit vigilante. Lynleigh, en Indonésie depuis plus de 3 ans, va nous faire découvrir Java comme jamais nous n’aurions pu le faire seuls, car comme tout étranger qui doit se déplacer, Lynleigh a une voiture et bien sûr un chauffeur car il est impossible pour un occidental de conduire dans ce pays. Si normalement on roule à gauche, en fait la règle de base est d’utiliser la plus petite portion de route disponible, qu’elle soit on non de votre côté. En ville l’écart entre les voitures et motos dépassent rarement 20 à 30 cm et en campagne on se croise souvent à guère plus de 50 cm ce qui. à des vitesses de plus de 80 km/heure est affolant lorsqu'on est pas habitué. De nuit c’est encore pire car les motos et vélos sans éclairage sont nombreux et les nids de poule visibles qu’au dernier moment. Mais tout cela fonctionne étonnamment bien grâce à un grand respect mutuel. Chacun est très vigilant et fait de son mieux pour que tous avancent aussi vite que possible. Il n’y a aucune agressivité et les coups de klaxons sont là uniquement pour s’assurer qu‘on a bien été vu. En plus de 3 ans Lynleigh n’a jamais vu d’accrochage ou d’accident. Il faut rappeler que l'Indonésie étant un pays musulman à 95%, l’alcool y est prohibé, ce qui, par rapport à l’Amérique du Sud par exemple, fait une grand différence.
Nous visiterons l’est de Java et ferons un premier arrêt à Bandung, centre de la région où beaucoup de marques de vêtements connus ont leur centre de production et où il est possible d’acheter ces articles à des prix 10 fois moins chers et de même qualité qu’en occident. Puis le lendemain après un arrêt à Solo, la région d’Indonésie où l'on fabrique les plus beaux Batiks, nous arriverons après la tombée de la nuit sur le site de Borobudur, le plus grand monument bouddhiste au monde, où Lynleigh a réservé un hôtel dans le parc lui-même ce qui va nous permettre de visiter le site le lendemain aux aurores avant la foule. Un grand moment, que la brume matinale s’estompant, rendra encore plus magique. Le soir précédent Lynleigh nous avait invité à goûter à la cuisine indonésienne dans le plus bel hôtel de Java, situé juste en face de Borobudur. Nous aurons l’occasion de visiter une des suites dont certaines ont leur propre piscine: impressionnant de luxe et pour une fois de bon goût.
Notre dernière destination sera le volcan Bromo. Arrivé tard sur place on se réveillera à 3h½ du matin pour voir le lever du soleil sur ce site incroyable… lorsqu’il fait beau. Malheureusement nous n’aurons pas la chance de Borobudur et c’est dans les nuages et sous la pluie que nous ne verrons pas le soleil se lever. Heureusement vers les 8 heures après une demi-heure de cheval (ou plutôt de poneys) et la montée finale de 264 marches dans les vapeurs de souffre et un vent violent, les nuages finiront par se lever légèrement ce qui nous permettra de voir le fond du cratère d’où s’élèvent en permanence les vapeurs d’eaux et de souffre. Après un petit déjeuner bien mérité, nous redescendrons vers la chaleur de la plaine et Surabaya où Lynleigh va nous réserver une dernière surprise avant de nous quitter, repartant pour Jakarta et nous continuant vers Bali. Lynleigh nous invite dans un des plus anciens hôtel de Surabaya. Construit en 1920, il a retrouvé il y a peu ses 5 étoiles. Et c’est par un excellent souper chinois que nous passons notre dernière soirée avec notre amie que nous espérons revoir très bientôt en Suisse pour lui rendre la pareille. Encore un très grand MERCI Lynleigh.
Pour rejoindre Bali, nous avons le choix entre 12 heures de bus et 45’ d’avion. La compagnie nationale Garuda n’a pas une très bonne réputation mais c’est quand même la meilleure, Lynleigh nous a donné le nom d’une autre compagnie qu’elle utilise aussi parfois. C’est celle-ci que nous choisirons car elle est encore moins cher (30.-frs) et l’horaire nous convient mieux. De toute manière la moins sûre des compagnies aériennes reste beaucoup plus sûre qu’un trajet par la route et en ferry. Nous allons y passer 5 jours en rayonnant à partir d’Ubud, un village très connu et évidemment touristique mais bien agréable pour se reposer. Cela fait près de 2 mois et demi que l’on voyage et imperceptiblement la fatigue se fait sentir. On doit se forcer à ne pas vouloir tout voir et tout faire comme si on était en vacances car il faut bien gérer l’élément santé qui est primordial pour nous qui avons encore une longue route à faire. Pour l’instant nous n’avons pas eu de gros problèmes en prenant surtout garde à l’eau et aux crudités mais aussi en évitant de trop vouloir en faire. Malgré tout l’alimentation reste un continuel problème car avec la chaleur on a pas beaucoup d’appétit (même lorsque on mange dans d’excellents restaurants). Après Bali, on remonte vers le Nord et l’hiver, on verra si l‘appétit revient. Photos

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samedi 31 janvier 2009

L’Australie: les retrouvailles



L’Australie correspond en distance comme en durée à la moitié de notre voyage. Comme nous avons la chance d’y avoir de très bons amis, que nous n’avons pratiquement pas revu depuis plus de 20 ans, nous avons prévu de faire une halte d’une semaine chez eux afin aussi de se reposer. Liliane et Christopher qui habitaient Genève ont émigré avec leurs trois enfants, en 1986. Ils sont venus nous chercher à l’aéroport. Quel plaisir de les retrouver. Sarah les avaient entrevus lorsqu’elle était toute petite mais ne se souvenait pas d’eux. Elle se réjouit d’autant plus que Christopher est son parrain. Ils nous emmènent dans Sydney que je redécouvre avec plaisir et qui est pour moi (et je ne suis pas le seul) une des plus belles et agréables ville au monde. On s’arrêtera pour rencontrer Wendy leur deuxième fille qui vit avec son mari (et ses deux chiens) dans un quartier très sympa près du port. Laetitia, l’ainée, travaille à Londres mais voyage beaucoup et ne devrait pas tarder à revenir vivre en Australie où sont désormais ses racines. Puis on prend le chemin de Kariong où ils vivent avec Kevin, leur dernier fils, à environ une heure de voiture au nord de Sydney. Le jour de notre arrivée il fait très chaud, près de 39°C à l’ombre, mais moins humide c’est bien plus supportable qu’en Polynésie. On profite de leur piscine pour se rafraîchir en continuant à échanger des informations sur la vie en Suisse et celle en Australie, leurs expériences d‘immigrés, les enfants, les amis communs en Suisse. On se sent en famille et cela fait du bien, Ce qui est rassurant c’est que finalement on a pas tellement changé bien que l’on ait 20 ans de plus. On parle beaucoup de voyage car le nôtre leur fait envie et pourrait être un projet réalisable dans les 2 à 3 prochaines années. On leur laisse nos guides. Clin d’œil au passé c’est en fait eux qui m’ont donné le goût du voyage en partant en 1975 en bus VW faire ce que l’on appelait alors la route des Indes. Un voyage aller-retour de plus de 2 ans qui les conduira jusqu’au Népal, en Inde et au Sri Lanka d’où Christopher est originaire.
Le lendemain nous irons voir des kangourous et des koalas dans un parc juste à côté de chez eux. Nous irons un autre jour seul par le train visiter Sydney puis en fin de semaine ils nous emmèneront au Nord de Newcastle pour observer en bateau les dauphins. En rentrant on aura le plaisir d’admirer les immenses et magnifiques plages qui bordent toute la côte pacifique. Le vent violent qui soufflait ce jour-là permettait aux plus expérimentés des fans de kite-surf et de planche à voile de se faire plaisir. La semaine passa très vite et le dimanche on se retrouva à nouveau à l’aéroport de Sydney. Sachant qu’on les reverrait bientôt en Suisse lors de leur (désormais presque décidé) tour du monde, les adieux furent moins difficiles. Encore une fois un très grand Merci Christopher et Liliane pour cette escale bienvenue et pour votre amitié. Bon voyage à vous aussi et à bientôt. Photos

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dimanche 18 janvier 2009

Polynésie: souvenirs, souvenirs



Arrivés de nuit à Tahiti, en redécouvrant le lendemain la silhouette si caractéristique de Moorea vue depuis Papeete, je ne peux m’empêcher de revenir 27 ans en arrière. Au Chili, Jo et moi nous étions rendu compte que nous n’aurions pas assez d’argent pour faire le tour du monde prévu. Nous avions alors deux possibilités: soit continuer à voyager quelques mois en Amérique du Sud avant de rentrer, soit dépenser pratiquement tout l’argent qui nous restait pour atteindre Tahiti et y trouver du travail. Nous avions calculé qu’il nous était possible d’y rester une semaine avant d’être à court d’argent et devoir prendre le premier avion pour rentrer. Lors des championnats du monde de parachutisme en Floride, j’avais sympathisé avec le responsable d’une petite société qui vendait des parachutes dans le monde entier; et il avait gentiment accepté de m’ouvrir son carnet d’adresse. A Tahiti j’avais un seul nom et no de téléphone. Sans perdre de temps, je l’appelle. Il travaille dans la succursale polynésienne d’une grande banque française et me propose de passer à son bureau. Lorsque sur sa porte je lis qu’il est responsable du service informatique, je me dis que peut-être notre coup de poker a une chance de réussir. Nouvellement nommé à ce poste il m‘expose ses problèmes. Notamment qu’une informaticienne avait dû rentrer en France prématurément et comme elle avait effectué un développement sur un ordinateur que personne ne connaissait il allait devoir trouver et faire venir un spécialiste de métropole, ce qui allait prendre du temps et coûter très cher. Après l’avoir patiemment écouté durant une heure, je lui apprend que je suis également informaticien, que je n’avais pas prévu de rester à Tahiti … mais que connaissant bien cet ordinateur, si ça pouvait lui rendre service et si les conditions qu’il m’offrait étaient intéressantes, je pourrais éventuellement envisager de travailler quelques mois pour lui…Et c’est comme ça qu’en moins de 24 heures, j’ai décroché un super contrat de travail pour un an, avec un salaire supérieur à celui que j’avais en Suisse. En fait ce n’est que 3 mois plus tard, alors que j’allais être expulsé du territoire, que le service du personnel réalisa que la Suisse ne faisait pas partie de ce qui était alors la CEE et que j‘avais impérativement besoin d‘un permis du travail et d‘un visa. Ce sera résolu « à la Polynésienne «, pour le visa, grâce à une relation « particulière » que la secrétaire de direction entretenait avec le responsable du service concerné et pour le permis de travail grâce aux contacts privilégiés que le Directeur de la banque avait avec le Haut commissaire.
C’est donc avec une certaine émotion que 25 ans plus tard nous prenons un truck (bus local) pour aller à Papeete faire quelques achats, avant de partir pour quelques îles que nous n’avions pas eu alors les moyens de visiter. Peu de choses ont finalement changé, si ce n’est que le marché couvert est plus grand, les commerces plus modernes, la banque où j’ai travaillé a changé de nom, un Mc Donald s’est ouvert juste à côté et les trucks ne diffusent plus à tue-tête de la musique locale. Les tahitiens, hommes et femmes, portent toujours une fleur de tiare sur l’oreille et les tahitiennes sont toujours aussi belles.
Profitant d’un pass inter-îles d’Air Tahiti nous allons passer quelques jours à Moorea, l’île sœur de Tahiti. J’avais prévu d’y faire de l’hydravion. Malheureusement les 2 ULM sont en panne et l’instructeur est parti en vacances en Nouvelle Calédonie. Je me consolerai en faisant mon baptème plongée: un moment inoubliable. Puis nous nous envolons pour Bora Bora. L’approche et l’atterrissage sur cette piste mythique construite en 1943 par les américains afin de servir de base d’appui lors de la guerre du Pacifique est un grand moment. Depuis l’aérodrome, construit sur un motu, pour rejoindre l’île, il faut prendre le bateau navette d’Air Tahiti. Le lagon est d’un bleu irréel et la découpe des montagnes de l’île principale, comme sur les cartes postales. Malheureusement, on va vite se rendre compte que Bora a vendu son âme aux dieux de l’argent facile. Les bungalows sur pilotis des hôtels hors de prix pullulent et défigurent le lagon. On imagine la déception que cela a dû causer au papa de notre ami Stéphane, PEV qui s‘y était installé il y a plus de 25 ans… On a trouvé un bungalow abordable au bord de l’eau, mais en fin de journée les algues et les bulles qui flottent n’attirent pas à la baignade sur cette plage pourtant magnifique. Ça n’a pas l’air de déranger les raies qui longent régulièrement le bord. Les moustiques sont féroces et attaquent en priorité Sarah qui fait une allergie. Après avoir essayé de faire du catamaran (hors de prix), pour prendre un peu de recul, on loue un petit bateau à moteur. Malheureusement le temps est incertain. Après une demi-heure de traversée du lagon on accoste le seul motu public de l‘île dans l’idée d’y picniquer. On est tout seuls. Enfin presque car on est accueillis par une meute de chiens qui n’ont pas l’air d’avoir à manger tous les jours. Ils sautent contre Sarah et j’essaye de les éloigner à coup de sac à dos. Heureusement, la surprise passée on s’aperçoit qu’ils ont plus envie de jouer que de nous manger. On préfère quand même réembarquer, l’appétit coupé. Un orage approche et la houle a augmenté. Sans aucune expérience je m’y prends comme un manche et en montant du mauvais côté le bateau, poussé par une vague plus forte que les autres, manque de casser les deux jambes de Sarah. Arrivant enfin à pousser le bateau fasse aux vagues, j’évite de justesse, grâce à Sarah, de mettre un pied sur des oursins. Comme l’orage semble approcher on décide de ne pas aller plus loin et on prend le chemin du retour. Une demi-heure plus tard comme le grain semble vouloir passer au large on arrête le moteur (en priant pour qu’il redémarre) au milieu du lagon pour enfin picniquer car c’est connu les émotions ça creuse et surtout je ne veux pas perdre la face en ramenant le bateau après seulement une heure alors qu’on l’a loué pour deux fois plus de temps. L’estomac calé, ayant repris confiance dans mes qualités de marin, on s’approche doucement de pains de corail pour observer les poissons. On s’amusera aussi à suivre deux raies qui finiront pas nous semer. En rentrant, m’approchant de deux pirogues de compétition pour les prendre en photos, leurs occupants ravis s’amuseront à nous suivre en profitant des vagues de notre sillage. Et c’est l’air décontracté en barrant d’une main et en prenant des photos de l’autre (tout en regardant quand même de temps en temps vers l’avant) que finalement, on rend à l’heure prévue notre embarcation, rassuré d’être arrivés à bon port et un tout petit peu moins novice qu’à notre départ.
Maupiti, à une vingtaine de minutes d’avion de Bora, va nous réconcilier avec la Polynésie. C’est un peu Bora en miniature mais sans hôtels, jet-skis et distractions autres que la baignade, le tour de l’île en vélo et les promenades sur les plages désertes. Les déplacements pour aller au village ou à l’aéroport se font uniquement en bateau. Il y a deux ans, les habitants se sont opposés à une large majorité à l’implantation d’un hôtel de luxe sur leur île afin de préserver leur mode de vie. On loge dans une pension située sur un motu où on rencontre des bretons, comme toujours très sympas.
Puis nous rejoindrons Raiatea où j’ai rendez-vous avec un pilote de l’aéro-club local pour essayer un nouvel avion (article) que nous devrions recevoir à Gruyères au printemps. Un autre moment inoubliable de notre séjour en Polynésie, avant de continuer notre voyage toujours plein Ouest vers l’Australie. Photos
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